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AGRESSIONS SEXUELLES: « CE N’EST PAS EN SE TAISANT QU’ON S’EN SORT »

SUZANNE COLPRON

LA PRESSE


Samedi d’hiver, 3 h du matin. Marie-Claude Plourde, 26 ans, rentre chez elle à pied. Le service d’autobus est paralysé par une tempête de neige.


Elle marche dans l’avenue du Mont-Royal, sur le Plateau. Tourne rue Fabre. Un homme surgit devant elle. Il sort un « gros exacto ». La menace. Puis la traîne dans la ruelle où il la viole. Marie-Claude tente de se défendre. L’homme la blesse à un poignet. Elle comprend qu’il vaut mieux obéir. Sous peine de mourir.


La police n’a jamais retrouvé l’agresseur.


Marie-Claude a composé le 911. Deux policiers sont arrivés sur les lieux. Ils l’ont emmenée à l’hôpital où ils ont attendu trois, quatre heures avec elle. Elle ne pouvait ni boire ni manger, ni même mâcher de la gomme. « Les policiers ont fait comme moi pour me soutenir », dit-elle. Ils n’ont ni bu, ni mangé, ni mâché de gomme.


Marie-Claude a raconté cette histoire hier, en marge d’une conférence de presse du réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). Pourquoi parler ? Parce que sept ans après les faits, elle estime qu’elle ne serait pas là où elle est sans le soutien des CAVAC, de la police et de l’IVAQ (Indemnisation des victimes d’actes criminels).


« Ces services existent, dit-elle. Je veux encourager les victimes à les utiliser. Ce n’est pas en se taisant qu’on s’en sort. »


AUGMENTATION DES APPELS AUX ORGANISMES D’AIDE AUX VICTIMES


Dans la foulée des affaires Salvail et Rozon, les organismes d’aide aux victimes d’agression sexuelle ont enregistré une importante augmentation du nombre d’appels, la semaine dernière. Cent quinze appels de plus à la ligne-ressource sans frais pour les victimes d’agression sexuelle. Une cinquantaine de plus par jour dans le réseau des CAVAC. Un plus grand nombre aussi au CRIPHASE, le Centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance.


« Il y a, au Québec, des services gratuits et confidentiels pour les victimes d’agression sexuelle. C’est important d’aller chercher de l’aide », a rappelé Marie-Christine Michaud, du réseau des CAVAC.


De son côté, après un arrêt de travail causé par son choc post-traumatique, Marie-Claude Plourde, qui a aujourd’hui 33 ans, est retournée aux études. Elle fait son doctorat en communication, tout en travaillant dans le domaine de l’architecture.


« Je ne suis plus une victime », assure-t-elle.


LES SERVICES


GAIHST


Fondé en 1980 et dirigé par Yvonne Séguin, le Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail (GAIHST) de la province de Québec offre plusieurs services, dont le soutien moral et technique, des cafés-rencontres et des séances de sensibilisation et de formation.


Tél. : 514 526-0789


CAVAC


Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels est un réseau qui compte 169 portes, précise Marie-Christine Michaud. Il est là pour aider les victimes à surmonter les conséquences physiques, psychologiques et sociales d’une agression et à obtenir une indemnisation pour les préjudices subis. Le réseau couvre toutes les régions du Québec.


Tél. : 514 393-2083


CALACS


Le Regroupement québécois des CALACS est un organisme féministe qui regroupe 27 centres d’aide de lutte contre les agressions sexuelles. Il s’adresse aux femmes et aux adolescentes partout au Québec. Le regroupement offre une aide directe aux victimes.


Tél. : 1-877-717-5252


CRIPHASE


Le Centre de ressources et d’intervention pour hommes abusés sexuellement dans leur enfance (CRIPHASE) est l’un des rares organismes qui viennent en aide aux hommes victimes d’agression sexuelle. « Parler d’abus pour un homme est encore tabou aujourd’hui », dit Pierre-Étienne Gendron.


Tél. : 514 529-5567


IVAC


L’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) est un régime qui offre des prestations aux victimes et aux sauveteurs qui ont subi des blessures causées par des crimes. La direction de l’IVAC relève de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.


Tél. : 1-800-561-4822


La ligne-ressource pour les victimes d’agression sexuelle


La ligne-ressource sans frais pour les victimes d’agression sexuelle est une ligne téléphonique bilingue, accessible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, partout au Québec. Elle offre des services d’écoute, d’information et d’orientation destinés aux victimes, à leurs proches et aux intervenants.


Tél. : 1-888-933-9007


Pris de: www.lapresse.ca

Le 27 octobre 2017

Groupe d'aide et d'information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec inc.

Adresse
2231, rue Bélanger
Montréal (Québec)  H2G 1C5
info@gaihst.qc.ca

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