• GAIHST

Albert Schultz, vedette du théâtre canadien, accusé d’inconduite sexuelle


Albert Schultz, le directeur artistique fondateur du Soulpepper Theatre Photo : La Presse canadienne/Frank Gunn

Quatre femmes ont déposé des poursuites au civil qui visent Albert Schultz, le directeur artistique fondateur du Soulpepper Theatre, à Toronto. L'accusé a promis de se « défendre avec véhémence » face à ces accusations.


RADIO-CANADA AVEC CBC NEWS


Dans les documents soumis en cour, on peut lire des détails sur des situations de harcèlement sexuel et de commentaire déplacé.


« Albert est un prédateur sexuel en série qui [...] avait des méthodes bien développées pour cibler les actrices et les attirer dans des situations qu'il jugeait optimales pour les harceler sexuellement et les agresser », peut-on lire dans les documents de cour.


Ces actions se seraient déroulées entre 2000 et 2013. Aucune de ces allégations n’a été prouvée en cour.

Kristin Booth Photo : La Presse canadienne/Matt Sayles/Associated Press

Dans un communiqué émis mercredi en fin d'après-midi, le conseil d'administration de Soulpepper affirme avoir ouvert une enquête et qu'Albert Schultz est démis de toutes ses fonctions dans la compagnie de théâtre durant cette enquête.


Puis, c'était au tour de M. Schultz lui-même d'émettre un communiqué. Il affirme accepter de quitter ses fonctions à Soulpepper. « Ces allégations contre moi sont et je ne les prends pas à la légère. J'ai l'intention de me défendre avec véhémence », a-t-il ajouté.


Accusations

Les quatre femmes qui accusent M. Schultz sont les actrices Kristin Booth, Diana Bentley, Hannah Miller et Patricia Fagan.


Selon ces femmes, M. Schultz les aurait forcées à participer à des activités sexuelles dans le cadre de leur emploi. Elles auraient été obligées à se dénuder, à s’embrasser entre elles et à ramper au sol. M. Schultz aurait également fait des commentaires sexuellement explicites envers ces femmes et aurait fait de l’intimidation.


Ted Dykstra et Stuart Hughes, deux membres fondateurs de la compagnie, ont publié une déclaration dans laquelle ils affirment croire les plaignantes. Ils espèrent que leur soutien public enverra « un message clair à toutes les organisations : le harcèlement sexuel en milieu de travail ne peut être toléré. Par n'importe qui. »


Cependant, CBC News affirme avoir discuté avec des collègues de M. Schultz à Soulpepper qui affirment n’avoir jamais vu de conduite répréhensible de sa part. CBC News affirme avoir reçu des témoignages affirmant que M. Schultz est un pionnier qui n’hésite pas à faire des expériences avec ses acteurs dans le but de soutirer le meilleur d’eux.


De plus, dans le cadre de leur enquête, CBC News et The Fifth Estateaffirment avoir parlé avec quatre autres femmes qui ne sont pas concernées par les poursuites au civil qui disent avoir été importunées par le comportement de M. Schultz.


M. Schultz est membre de l’Ordre du Canada. Il était acteur sur les ondes de CBC de 1987 à 1994 dans la télésérie Street Legal.


Il est également un producteur exécutif de la télésérie Kim’s Convenience, aussi à CBC. L'émission est produite indépendamment par une entreprise de Vancouver, Thunderbird. Selon Emma Bedard, porte-parole de CBC, la télévision d'État a fait savoir à Thunderbird qu'elle s'attendait à ce que de nouvelles mesures soient mises en place pour assurer la sécurité des employées qui travaillent avec la compagnie de production. De son côté, Thunderbird a affirmé que M. Schultz « n'est pas un employé de Thunderbird et ne joue pas un rôle actif dans la production quotidienne de Kim's Convenience. »


Les quatre femmes demandent des dommages-intérêts d'un montant maximum de 1,25 million de dollars chacune. Elles demandent aussi des dommages-intérêts distincts à la compagnie théâtrale. Elles allèguent des souffrances psychologiques, les pertes de salaire, une atteinte à leur dignité et une dégradation de leur estime de soi.

L'actrice Patricia Fagan Photo : Radio-Canada/Evan Mitsui/CBC News

« Ce sont des femmes [qui] ont été harcelées au travail », a déclaré Alexi Wood, l'avocate qui a déposé la plainte.


Les quatre femmes ont aussi affirmé en entrevue avec CBC News avoir préféré se taire par crainte de représailles puisque M. Schultz a « beaucoup de pouvoir et de portée dans le monde du théâtre canadien ».


« M. Schultz était en position d’autorité. Albert était leur patron », selon Mme Wood. « C’est un homme qui a beaucoup d’autorité, pas seulement à Soulpepper, mais dans le monde du théâtre en général. »


« Il y a tellement d'actrices et si peu d'emplois. C’est pour ça que nous l’acceptions », a déclaré Mme Fagan en entrevue avec The Fifth Estate. Mme Booth est d’accord : « On ne voulait pas déplaire à Albert […] Je savais que (ce qu’il faisait) était mal. Mais je voulais aussi garder mon emploi. »


Ni M. Schultz, ni Soulpepper n’ont émis de déclaration aux médias.


Pris de: https://ici.radio-canada.ca

Le 3 février 2018

Groupe d'aide et d'information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec inc.

Adresse
2231, rue Bélanger
Montréal (Québec)  H2G 1C5
info@gaihst.qc.ca

  • LinkedIn Social Icon
  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon

Téléphone: 514-526-0789
Télécopieur : 514-526-8891

© 2020 GAIHST