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Des situations récentes

Catherine Montambeault


Si l’un de vos collègues vous harcèle au travail, sachez que la responsabilité de ses comportements déplacés ne revient pas qu’à lui. Selon la Loi sur les normes du travail, votre employeur est dans l’obligation de vous protéger contre le harcèlement psychologique. Il doit prendre des mesures concrètes pour le prévenir, en plus d’agir pour y mettre fin dès qu’il en est informé. Si ce n’est pas le cas, l’entreprise peut être punie, comme ce fut le cas dans ces quatre décisions récentes.


Son patron l’insulte au lieu de l’aider


Une serveuse du restaurant Bàcaro Pizza Bar Urbain, situé à Montréal, s’est fait violemment insulter par son patron lorsque celui-ci a appris qu’elle avait été victime de harcèlement sexuel.


La femme a déposé une plainte contre son employeur au Tribunal du travail en 2015.


Elle y affirme que le chef cuisinier, prénommé Vincenzo, l’aurait suivie au sous-sol du bistrot un soir, alors qu’elle allait chercher des serviettes de table. Il lui aurait dit « on est seuls, je pourrais te violer si je voulais », puis l’aurait agrippée et lui aurait léché le visage.


L’homme aurait inséré sa langue dans la bouche de la victime avant que celle-ci n’arrive à le repousser. Au moment de remonter à l’étage, le chef lui aurait fait signe de se taire.

L’un des propriétaires du restaurant, Angelo Mercuri, a eu vent de l’événement puisqu’un employé avait remarqué des égratignures sur le visage de la victime.


M. Mercuri a alors accusé la jeune femme de dire « n’importe quoi ». La serveuse a enregistré l’échange sur son cellulaire.


« Tu cruises tout le monde depuis le début parce que t’es une cr*ss de pute », a lancé le propriétaire, avant d’ajouter que ce « n’est pas de [ses] affaires ce qui se passe entre deux personnes ».


La serveuse n’est plus retournée au restaurant après ce quart de travail.


Dans une décision rendue en novembre dernier, le juge a déclaré que les « gestes odieux » dont avait été victime la plaignante étaient « assurément de la nature d’une agression sexuelle ».


Il a également souligné qu’en plus de ne pas assumer ses responsabilités en tant qu’employeur, Angelo Mercuri avait « ajouté au harcèlement psychologique » en « dénigrant [la plaignante] et en lui lançant des insultes profondément vulgaires ».


Les conséquences pour l’employeur ne sont pas encore connues.


Sa supérieure lui propose de discuter avec son harceleur


Une employée de la Commission touristique du Port-Joli victime de harcèlement sexuel dit s’être fait proposer par sa supérieure de discuter avec son harceleur pour régler le problème.


La femme a déposé une plainte à la Commission des relations du travail en 2010. Elle y fait état des attouchements répétés et des allusions à caractère sexuel qu’elle aurait endurés pendant l’été alors qu’elle était cuisinière au restaurant La Roche à Veillon, à Saint-Jean-Port-Joli.


Elle raconte que le nouveau cuisinier en chef, M. Provencher, la prenait souvent par les hanches et lui caressait le dos, malgré les regards désapprobateurs qu’elle lui lançait.

La femme lui aurait signifié son malaise à quelques reprises, mais son collègue l’aurait alors traitée de « sainte-nitouche » et d’« abstinente ».


Quand elle en a parlé à la directrice générale de la Commission touristique, Nancy Carrier, celle-ci aurait excusé la conduite du cuisinier en déclarant qu’« il touche tous les gens qu’il côtoie ».


Mme Carrier aurait aussi proposé à la victime de rencontrer son harceleur pour en discuter avec lui. La plaignante aurait refusé et quitté son emploi à la fin de la saison.


Dans sa décision rendue en 2011, la juge a conclu que la façon d’agir de la directrice générale allait « à l’encontre du bon sens » et témoignait « du peu de considération apportée à la situation ».


Le dossier a été porté devant la Cour supérieure.


Ils lui disent que sa plainte n’ira nulle part


Une employée de la boulangerie artisanale Pain d’Alain, à Gatineau, affirme s’être fait répondre par ses patrons que sa plainte n’irait nulle pas lorsqu’elle leur a confié qu’elle était victime de harcèlement au travail.


La femme a tout de même porté plainte à la Commission des relations du travail en 2014.

Elle soutient que l’un de ses collègues, Gilles Robert, lui a pincé les cuisses, les bras et les côtes de deux à trois fois par semaine pendant plus d’un an.


Bien que la victime lui ait demandé plusieurs fois d’arrêter, l’homme aurait continué ses agissements, allant jusqu’à lui flatter les joues en lui parlant.


L’employée aurait signalé son inconfort au gérant du commerce et au copropriétaire, Jacques Amsellem, à au moins trois reprises. Ses patrons auraient répondu que M. Robert ne changerait pas, puisqu’il avait toujours été comme ça.


En 2015, un juge a condamné la boulangerie à verser 1870 $ en dommages moraux et en indemnité salariale à la dame, puisque le harcèlement l’a forcée à quitter son emploi.

« L’employeur a failli à son obligation de corriger la situation », indique la décision.

Son employeur condamné à lui verser 10 000 $


Une entreprise qui n’a pas fait enquête à la suite d’une dénonciation pour harcèlement sexuel a été condamnée à verser 10 000 $ à une employée l’an dernier.


Dans une plainte déposée au Tribunal administratif du travail, la femme raconte avoir été victime d’inconduites sexuelles de la part d’un de ses collègues alors qu’elle travaillait pour une entreprise de fabrication de mets italiens, entre juin et septembre 2014.


L’homme en question lui aurait touché la poitrine au moins trois fois, en plus de l’embrasser de force sur la joue et de prendre une photo de son entrejambe pendant qu’elle s’asseyait. Il lui aurait aussi offert de la payer pour coucher avec elle et aurait tenté de palper son sexe.

La plaignante affirme avoir dénoncé la situation à la propriétaire du commerce à plusieurs reprises, en vain. Celle-ci lui aurait répondu que l’homme n’était pas du genre à poser les gestes rapportés.


Dans sa décision, un juge a fait valoir que l’employeur n’a jamais mis en place de politique pour prévenir ou mettre fin au harcèlement sexuel.


« Un employeur ne peut se contenter de ne pas croire ou de ne pas prendre au sérieux une dénonciation de harcèlement, a-t-il dit. Il doit être proactif et faire enquête sans délai dès qu’il en est informé. »


Pris de: http://www.journaldemontreal.com

Le 22 octobre 2018

Groupe d'aide et d'information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec inc.

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