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Harcelée par son patron, une serveuse obtient 52000$


Joël Lemay / Agence QMI

Amélie St-Yves

Une serveuse qui a vécu l’enfer alors qu’elle a été harcelée par son patron après avoir refusé ses avances obtiendra un dédommagement de 52 000 $.


Anissa Berrad avait été engagée comme serveuse en janvier 2013 au restaurant Blanche Neige, dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal. Au début, son patron, Nick Triandos se comportait bien avec elle, rappelle un jugement du Tribunal administratif du travail rendu le 12 octobre dernier.


«Elle remarque cependant qu'il embrasse souvent les serveuses sur les joues et dans le cou et qu'il les touche et les tripote. Il le fait aussi avec elle, mais elle tente de l'ignorer en se disant que c'est innocent, bien qu’elle soit mal à l’aise avec ce comportement», relate le jugement.


Nick Triandos a touché la poitrine d'Anissa Berrad quatre mois après son embauche, dans une voiture. Elle a sursauté, puis lui a dit d’arrêter.


«Il se met à crier et à l'insulter en anglais dans la voiture en lui disant qu'elle est folle [...] Il est très agressif et elle est terrorisée par sa réaction», relate le jugement.


Calvaire

Le patron s’est ensuite mis à insulter couramment la serveuse, en la traitant de «bitch», «stupid», «crazy», «piece of shit», en plus de la tenir responsable de tout ce qui allait mal.

Les symptômes de fatigue, d’insomnie et d’anxiété de la serveuse se sont accentués jusqu'à la dépression majeure et aux troubles de stress post-traumatique. Mais l’attitude de M. Triandos n’a qu’empiré.


Il a demandé aux serveuses et aux cuisiniers de ne plus lui adresser la parole, en plus de ses explosions de colère pendant lesquelles il criait en lui pointant le doigt au visage.

Le patron lui a même interdit de dire bonjour aux clients, en décembre 2014.


Il a changé la serveuse de section pour une vers l'arrière où il n'envoyait personne. Elle faisait moins de pourboires et il ne s’est pas gêné pour lui dire que sa mère, au Maroc, allait «crever de faim».


Police

Une chicane a dégénéré en janvier 2015, car M Triandos voulait lui couper ses heures et qu’elle lui a rappelé le principe d’ancienneté.


«M. Triandos se dirige alors vers elle en criant "It’s my restaurant". Il a un air agressif, les yeux exorbités et il crache, tellement il crie. Elle a peur de lui et l’informe qu’elle s’en va téléphoner aux policiers», relate le jugement.


Il l’a poussé pour ne pas qu’elle utilise le téléphone et lui a bloqué la sortie. Elle a finalement passé sous ses bras pour appeler le 911. M. Triandos l’a congédiée devant la police.


«La preuve est criante quant au harcèlement psychologique qu’a subi la plaignante durant la presque totalité de son emploi», a conclu la juge Anick Chainey.


Elle sera indemnisée par l’entreprise à numéro de M. Triandos à la hauteur de 52 078 $, dont 30 000 $ pour dommages moraux et exemplaires.


Pris de: https://www.journaldemontreal.com

Le 21 octobre 2018

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