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Une des victimes de harcèlement sexuel au dépotoir de Regina se confie


Le dépotoir de Regina Photo : CBC

Une des trois femmes qui ont déposé des plaintes de harcèlement sexuel contre d'anciens collègues du dépotoir de Regina raconte comment elle a été discriminée par son syndicat, qui était censé la défendre tandis qu'elle cherchait à négocier une entente monétaire avec son employeur, la Ville de Regina.


Un texte d'Andréanne Apablaza


Dans une décision rendue en octobre, la Commission des relations de travail de la Saskatchewan a déclaré que trois femmes qui travaillaient à la décharge avaient été victimes de discrimination fondée sur leur genre après avoir déposé des plaintes de harcèlement sexuel contre plusieurs collègues masculins.


La décision note aussi que le syndicat se souciait davantage que les hommes ne subissent aucune mesure disciplinaire que du fait que les trois femmes ont été tellement harcelées qu'elles ont fini par quitter leur emploi.


Une des victimes, surnommée RD dans la décision de la Commission pour conserver son anonymat, a travaillé au dépotoir de Regina entre mai 2011 et 2014.


Elle dit avoir été discriminée personnellement par la section locale du syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) tandis qu'elle tentait d'arriver à une entente monétaire avec la ville de Regina.


Parce que j'étais plus jeune que les deux autres femmes, que je n'avais pas d'hypothèque, que je n'étais pas mariée ou je n'avais pas d'enfant, ils m'ont dit que je valais moins que les autres. RD, une des victimes de harcèlement sexuel survenu au dépotoir de Regina

RD est arrivée à une entente avec la Ville avant le dépôt de la décision de la Commission. Elle dit avoir reçu un certain montant de la Ville, mais qu’il s’agit d’environ la moitié du montant que les deux autres femmes ont reçu de la part de celle-ci.


41 plaintes contre 5 hommes

Les trois femmes ont déposé 41 plaintes contre cinq collègues de sexe masculin conformément à la politique de harcèlement de la Ville, entre février et avril 2014.


La Commission des relations de travail estime que le syndicat a échoué à son devoir de soutenir ses membres à un moment où elles étaient extrêmement vulnérables.


La Commission décrit les gestes de harcèlement sexuel commis comme « extrêmement graves ».


Dans un courriel, le président de la section locale 21 du SCFP, Tim Anderson, a déclaré qu'il ne commenterait pas les détails de l'affaire parce qu’elle est toujours devant la Commission des relations de travail et pourrait faire l'objet d'une révision judiciaire.


RD estime qu'il serait juste que les hommes concernés perdent leur emploi au dépotoir. « Ils continuent à vivre comme si de rien n'était, ils n'ont même pas eu de tape sur les doigts », s’exclame-t-elle.


Mardi, un porte-parole de la Ville de Regina a déclaré que celle-ci ne commenterait pas le cas précis, car il s'agit d'un problème d’employés.


Situation fréquente en milieu de travail

Selon la directrice générale du Centre pour les agressions sexuelles de Regina, Lisa Miller, ce qui est arrivé à RD est décevant, mais n’est pas surprenant.


Elle a dit qu'un milieu de travail peut avoir une culture qui permet le harcèlement, et que l'éducation est la meilleure façon de le combattre.


« Les femmes qui sont harcelées ont vraiment peur de se manifester parce qu'elles ont tendance à être traitées comme si elles étaient trop sensibles ou si elles étaient des fautrices de troubles », explique la directrice, qui dit avoir vécu du harcèlement sexuel en milieu de travail depuis l’âge de 16 ans.


« J’espère que cette décision de la Commission donnera une voix à d’autres femmes et qu'elles pourront réaliser à quel point elles ont du pouvoir dans leur voix », dit-elle.


Pris de: https://ici.radio-canada.ca/

Le 01 novembre 2017

Groupe d'aide et d'information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec inc.

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